Le cheval de Camargue pour prévenir la radicalisation dans les prisons

By 16 avril 2018Equithérapie

Dévalorisation de l’autorité paternelle, perte des valeurs intégratives, panne de l’ascenseur social, ghettoïsation des quartiers : autant de phénomènes nourrissant la radicalisation des jeunes gens.

Or pour Thierry Boissin, psychologue et équithérapeute, « déradicaliser » ce n’est pas arrêter un processus, mais amener la personne vers une autre direction.
Par son travail, à découvrir dans cette émission réalisée par Envoyé Spécial, il aide des hommes à transformer leur vision de la vie et du monde.
Les ateliers de médiation animale qu’il propose au centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône) permettent d’apporter de nouvelles perspectives et de renforcer un sentiment d’appartenance à une communauté souvent mis à mal, grâce au cheval camarguais.
Le cheval en effet ne juge pas « ce jeune en situation d’échec », ne triche pas et ne relaye pas « l’utopie de l’ascenseur social », ne ment pas et ne valide pas « les promesses des élites » contre lesquelles des rancœurs ont pu se cristalliser.

Le dispositif mis en place par Thierry Boissin et l’association Hugo B offre à des stagiaires –plutôt qu’à des détenus– un accueil, un projet, une valorisation d’eux-mêmes. Au cours des activités la confiance s’engage et favorise l’accompagnement psychologique individualisé. Les exercices équestres sont progressifs, les capacités d’apprentissage s’en trouvent renforcées, et les notions de travail du cheval en longe et en liberté trouvent un écho au potentiel transformateur chez les stagiaires. Liberté face à l’enfermement en prison, mais aussi liberté d’avoir ses propres croyances. Dès lors l’élaboration d’un contre discours djihadiste peut s’élaborer.

L’utilisation du cheval de Camargue renforce la symbolique et le partage. Selon la tradition islamique, Burak est le fantastique coursier blanc avec lequel Mahomet accompagné de l’archange Gabriel réalise son ascension depuis Jérusalem vers le ciel pour rencontrer dieu.
Tout comme la figure de Gabriel a permis de créer un pont entre les trois grandes religions monothéistes, le cheval permet de relier les hommes : il les guide et les aide à passer d’une vision dichotomique de la vie, où l’on est pris dans un étau entre le bien et le mal, à celle du vivre ensemble et du partage des différences.

Regardez cette émission d’Envoyé Spécial sur le thème de la médiation animale et découvrez le travail de Thierry Boissin à partir de la minute 9’40.

Retrouvez Thierry lors de la table-ronde « Cheval et résilience » dimanche 3 juin à 13h45 en Salle Rotonde de l’Hippodrome d’Enghien-les-Bains.